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L’Église d’Algérie a-t-elle une vocation spécifique ?

Témoignage de Myriem


Je pense que oui. Ce que je dis dans cet exposé n’est qu’un point de vue parmi tant d’autres.

N.-D. d'Afrique
Notre Église d’Algérie est une Église petite comme la crèche de Bethléem, elle est pauvre, elle est riche.

Je dis petite parce que par rapport à l’étendue immense du pays, elle occupe une toute petite place. Jésus est dans la crèche, Jésus est aussi dans cette petite Église d’Algérie. Elle est pauvre, relativement au nombre, un petit nombre en comparaison aux autres Églises de par le monde.

Elle est riche de la présence même du Christ vivant dans chacun de ses membres.
L’Église du Christ en Algérie est composée de prêtres, de sœurs, de laïcs consacrés ou non, dont des étudiants subsahariens et des algériens chrétiens. On trouve différentes nationalités que ce soit parmi les étudiants ou parmi les sœurs et les prêtres.

Notre Église, dans sa diversité est une grâce, elle est à l’image de l’Église universelle. L’Église du Christ est le rassemblement des hommes de toutes langues, races, peuples et nations. « Et ce qui fait la particularité d’une Église du Christ ce n’est pas la nationalité ou la langue de ses membres, mais plutôt sa situation géographique ». Notre Église d’Algérie témoigne de la présence du Christ dans un monde musulman, là ou elle est plantée. Nos communautés, nos paroisses sont des foyers de Lumière où la lumière du Christ brille sans se cacher. Elles sont maisons ouvertes à tous sans distinction de religion ou de race. Les étudiants qui viennent étudier dans notre pays trouvent auprès des sœurs, des prêtres et au sein de la paroisse une famille qui les accueille. Pour nous les catholiques algériens, ces mêmes communautés de sœurs et de prêtres sont une deuxième famille. Au milieu d’eux nous trouvons un espace de liberté où chacun de nous peut exprimer librement sa foi, chose que nous ne pouvons pas faire aisément dans notre milieu familial et dans la société. Nous recevons au sein de notre Église, un soutien, un accompagnement spirituel, un enseignement spirituel à savoir, formation, partage, en somme une école. Je peux dire que l’Église est notre mère, l’Église est notre famille, l’Église est notre école.

Dans le monde musulman qu’est la majorité du peuple algérien, nos communautés sont une ouverture à la différence, elles témoignent d’une réalité importante : musulmans et chrétiens nous pouvons vivre ensemble, enfants d’un même Dieu, enfants d’un même Père. De même que la présence des étudiants subsahariens dans nos universités, témoigne de cette ouverture à la différence de culture et de religion.

Parmi les algériens chrétiens il y a des catholiques il y a aussi des protestants. Les catholiques, on les appelle les Amis de st Augustin, ils cheminent à la suite du Christ discrètement sans trop se faire remarquer. Par contre parmi les protestants, et depuis quelques années beaucoup d’algériens se disent chrétiens et appartiennent à l’Église Évangélique.

Celle-ci apparaît plus prosélyte. L’Église catholique, avec ses communautés de sœurs et de prêtres et ses paroisses, est un signe qui témoigne de la stabilité du Christianisme universel, catholique, apostolique. Elle est aussi un repère sûr et stable pour nous les A S A afin de ne pas se perdre à travers les courants évangéliques qui existent dans notre pays.

À l’Église évangélique on peut reconnaître un point positif : c’est grâce à eux que beaucoup d’algériens musulmans découvrent l’existence d’algériens chrétiens. Choc d’un côté et de l’autre côté peut être un petit pas ou un petit chemin qui s’ouvre dans notre pays à la tolérance et à l’acceptation de l’autre, différent dans sa foi.

Lors de la session de lecture de la Parole du mois de septembre, j’ai pris conscience combien la présence de chaque chrétien est précieuse ici en Algérie. Car comme nous l’ont expliqué Anne-Marie et Françoise, il y va du salut des nations.

Une des spécificités de la vocation de notre Église est de tenir bon, tenir dans la prière, dans les sacrements, dans l’adoration, dans l’amour, tenir dans cette présence gratuite pour le Christ - pour nos frères qui nous entourent et qui ne connaissent pas Jésus.

Et je voudrai terminer par ce qu’à écrit le Frère Christophe de Tibhrine sur l’Église : « J’apprends donc qu’il y a d’abord l’Église, et nous on est de ce corps christique. Je sais qu’on n’est pas meilleurs, ni héros, ni vraiment rien d’extraordinaire, je sens cela très fort ici à Tibhirine. Et puis il y a quelque chose d’unique dans notre façon d’être Église : de réagir aux événements, de les attendre, de les vivre, c’est une certaine conscience, comme si on était responsable non pas de quelque chose à faire, mais de quelque chose à être, ici, en réponse de vérité, en réponse d’amour ».


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Dernière mise à jour le :
08 Juillet 2010
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